A Macron, du beau pays de l’Algérie française

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Tous les rapatriés l’on dit : l’Algérie était un beau pays. À bien des égards, il le reste encore ; on ne lui enlèvera ni ses rivages, ses montagnes, ses palmeraies, ses sites romains ou ses médinas. L’observateur précisera que la vie était plus belle avec la France ; n’en déplaise à Emmanuel Macron !

La France a créé de toutes pièces l’Algérie à partir de 1830. Sous Charles X, peut avant la révolution des Trois Glorieuses et la arrivée au pouvoir de Louis Philippe d’Orléans. La conquête du territoire s’est effectuée en deux temps. Primo la prise d’Alger, secundo l’invasion du fief d’Abd El Kader et de caïds locaux. Puis vint la colonisation de peuplement.

C’est en 1848 que la France donna son nom à l’Algérie. Ce patronyme n’existait pas avant cela puisque le territoire devenu français n’avait aucune délimitation, et n’appartenait à personne ! Plusieurs départements au nombre fluctuant vont être créés tout au long de la présence française.

Après la pacification, furent donc entreprises la construction, et l’administration du nouveau pays. La France créa et entretint des infrastructures, ponts, routes, ports, qui sont évidemment toujours (plus ou moins) opérationnels. Elle se livra à l’alphabétisation des populations, et organisa un réseau de dispensaires jusqu’aux confins du territoire. Parallèlement, elle modernisa les villes, créa des théâtres, des banques, des postes. Tout le savoir-faire d’une civilisation moderne se rependit sur l’Algérie. Les colons apprirent aux autochtones l’irrigation, l’élevage. Les ingénieurs français forèrent le pétrole et le gaz.

Cette histoire d’un développement bénéfique s’acheva en 1962. Lorsque de Gaulle décidait de donner son indépendance au territoire. Dans l’intervalle, depuis 1954 une guérilla avait tenté de déstabiliser la République et son armée. Sans succès : les forces françaises avaient maté la rébellion dans les villes (bataille d’Alger 1957) comme dans les campagnes (victoire du plan Challe,1961). Il fallut donc une décision politique unilatérale pour que les Algériens obtiennent l’indépendance (juillet 1962).
Cela eut lieu dans de terribles conditions pour les 150 000 supplétifs français (Harkis, Moghaznis, GRP…), abandonnés par De Gaulle, torturés et assassinés par le FLN.

Le pouvoir voulait de fait évacuer une Algérie trop coûteuse pour se consacrer à la modernisation de la métropole. Il s’appuya donc sur les pressions internationales pour brader le territoire au FLN communiste.

L’héritage français s’est évidemment détérioré dès le départ des premiers colons. L’Algérie pourtant potentiellement riche s’avère en mauvais état. L’entretien des structures, des bâtiments, des réseaux, et de l’administration est pitoyable. Le pays malgré la qualité de ses paysages ne génère pas d’économie touristique. Le gouvernement emmené par le moribond Abdelaziz Bouteflika est gangrené par la corruption. Le régime issu du coup d’État de 1992 tient par l’omniprésence de son armée. La jeunesse algérienne qui compose l’essentiel de la nation végète, et se morfond en attendant de pouvoir rejoindre l’eldorado français.

Quel paradoxe, l’Algérie avait voulu son indépendance ; alors que les Algériens rêvent de devenir français !

Dans ces conditions, la France ne doit pas présenter d’excuse à l’Algérie.

Par contre, l’Algérie peut dire merci à la France. Merci de l’avoir créée, merci de l’avoir civilisée, et merci d’accueillir (encore) tant et tant d’Algériens sur son sol !