A45, le serpent de mer

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Façade extérieure du siège de la Région Rhône-Alpes

Le changement de majorité au Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes relance le débat très houleux de l’autoroute A45. Planche de salut, ou aberration économique ; une vraie pomme de discorde !

Voilà plus de vingt ans qu’ont eu lieu les premières études concernant l’A45. Cette nouvelle voie permettrait le désengorgement de l’actuelle et cacochyme A47 qui relie aujourd’hui Saint-Etienne à Lyon. L’enjeu est de taille quand on sait que 100 000 véhicules sillonnent quotidiennement cette route. Une noria qui évolue à la vitesse maximale de 90 km/h, avec de fréquents embouteillages ; une situation exaspérante qui ne satisfait personne.

Le projet de l’A45, s’il ne reste pas dans les cartons, représenterait un investissement de 1,2 milliards d’euros. L’Etat devrait injecter un tiers du budget, les collectivités un deuxième, et l’exploitant, en l’occurrence Vinci, le dernier. Beaucoup d ‘élus ne l’entendent pas de cette oreille. Ils considèrent que l’équipement en question concerne un territoire qui va bien au-delà de Lyon et de Saint-Etienne. Qu’il intéresse toute une perspective est-ouest, de la Suisse à Bordeaux ! Ils exigent que l’étude budgétaire soit réétudiée ; que l’Etat s’implique plus.

Certains sont partisans de la rénovation et le doublement de l’A47. Cette option aurait un intérêt économique certain ; on parle d’un budget de « seulement » 500 millions.

Dans ce cas, le problème résiderait dans l’invraisemblable désorganisation qu’engendreraient les travaux.

Quid de l’environnement ? Evidemment les détracteurs de l’A45 expliquent que la juxtaposition de deux autoroutes représente une vraie gabegie écologique, et que le tracé serait de nature à changer l’aspect de tout un territoire aujourd’hui paisible.

La polémique n’est donc pas prête de s’éteindre, et le serpent de mer se mord la queue !

Christophe Arnould

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