Affaire Kadhafi-Sarkozy : la complaisance de TF1

share on:
Capture d’écran 2018-03-23 à 09.30.59

Un ancien président de la République vient d’être mis en examen pour des soupçons graves concernant le financement de la campagne de 2007. Cette situation ne constitue pas une culpabilité, mais représente un événement considérable qui pouvait expliquer la présence de Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures sur TF1, le 22 mars.

En effet, s’il était avéré que l’ex-président ait pu organiser de telles manœuvres avec la dictature libyenne, les différents scandales qui ont ponctué les républiques ne seraient rien en comparaison d’une aussi invraisemblable forfaiture. Toutes les magouilles de la Mitterrandie, celles concernant Giscard, Strauss Khan, Panama, Stavisky ou Dreyfus seraient reléguées aussitôt au rang de farce, au regard de cette éventuelle affaire libyenne.

L’intervention de Nicolas Sarkozy au journal de 20heures visait donc plusieurs buts : faire pression sur la justice en tentant de sensibiliser l’opinion en sa faveur, afficher sa force et sa détermination, et se démarquer de deux proches également inquiétés, Messieurs Géant et Hortefeux.

Monsieur Sarkozy a pu ainsi, pendant une demi-heure, développer des arguments, montrer sa colère, son indignation, sans que son vis-à-vis journaliste n’avance trop de contradiction (juste pour rendre l’interview crédible). Il eut été simple d’insister sur l’ambiguïté des rapports entre l’ex-président et le dictateur (son accueil à l’Élysée en 2007 et son exécution 4 ans plus tard). Concernant l’hypothétique accointance avec Monsieur Takieddine Il aurait été naturel de faire comprendre à Monsieur Sarkozy que le fait que nul rendez-vous ne soit indiqué dans un agenda ne signifie pas forcément qu’aucune rencontre n’a eu lieu. Qui irait se vanter d’une telle fréquentation !

Il y a bien d’autres points sur lesquels un journaliste un peu percutant aurait pu ébranler son interlocuteur. Pourtant durant un long moment le mis en examen a pu se justifier sans encombre ; un beau cadeau de la chaîne. Cherchez l’ami