Auditorium de Lyon : la musique tchèque à l’honneur

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La communication ne semble pas être le fort de l’Auditorium Maurice Ravel. Voilà qui est bien regrettable car la vénérable institution propose une programmation particulièrement intéressante. En effet, au-delà des interventions de l’ONL, de nombreux et pertinents solistes ou ensembles sont invités chaque saison.

Nous nous sommes transportés dimanche dernier à la Part-Dieu pour assister à un concert autour de la musique tchèque. L’occasion de découvrir des artistes presque inconnus du public comme František Benda ou Jean Křtitel Vaňhal. Il s’avère souvent que les compositeurs confidentiels présentent peu d’intérêt : c’est du reste pourquoi ils le restent ! Ce principe ne se vérifia, en l’occurrence, pas.

Le titre du concert quelque peu racoleur, « Bohemian Rhapsody », laissait à penser que quelques partitions colorées aux relents folkloriques allaient animer la soirée. Il n’en fut rien : les pièces qui se succédaient montraient, au contraire, beaucoup d’académisme. Ce décalage ne sembla toutefois pas constituer un quiproquo, et le public, très absorbé percevait avec contentement les pages qui lui étaient délivrées. Il faut dire que l’orchestre s’avérait particulièrement à l’aise dans un programme que le premier violon Jan Fišer dirigeait avec beaucoup de rigueur. La vedette de la manifestation fut sans aucun doute le soliste et virtuose Gábor Boldoczki. Il sut captiver l’assistance en délivrant les notes ciselées des trois instruments qu’il manipulait avec un égal bonheur : une trompette, une trompette de poche, et un bugle.

Son intervention dans l’œuvre de Hummel fut particulièrement bien sentie. Précisons que Hummel est un compositeur (pour le coup slovaque) extrêmement talentueux, connu pour ses opéras et surtout pour ses huit magnifiques pièces concertantes pour piano. Un concurrent très direct de Chopin dont il ne partage toutefois pas la reconnaissance ; ce qui est bien dommage. Bref, c’est donc en compagnie de Hummel que le trompettiste assena une remarquable et facétieuse variante du concerto pour hautbois. Nous ne perdions sans doute pas au change, c’est en tout cas ce dont Maestro Boldoczki nous sut nous persuader.

L’autre événement de la série fut incontestablement le final qui nous permit de découvrir un concerto de Vaňhal également pour bugle ; une pièce très exigeante que le soliste aborda avec brio.

Le public enthousiaste réclamait un bis qui lui fut accordé, l’occasion de savourer une petite perle de Dvorak, qui reste, cela va sans dire, le plus grand des musiciens tchèques.

Nous regrettons que les mélomanes ne se soient pas déplacés plus nombreux pour ce programme inédit.

Différents rendez-vous sont proposés à l’Auditorium tout au long de cette saison. L’occasion d’entendre des pianistes de renom, de l’orgue, le Messie de Haendel, le concerto de Sibelius, le très rare Attila de Verdi, ou encore des symphonies de Bruckner ou de Mahler, etc, etc…

Intéressant donc, mais trop peu su : L’Opéra de Lyon accaparerait-il toute la communication de notre métropole ?

Jean Deleuze