Le camarade Mélenchon : un (presque) jeune premier

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Le Maréchal prétendait que les Français ont la mémoire courte ; il n’avait sans doute pas tort. Nous allons le constater dans cette évocation.

Prenons le camarade Jean-Luc Mélenchon, il apparaît à beaucoup comme un personnage moderne, inédit, primesautier. Pourtant il s’agit d’un cacique, un pro qui traîne sa mimique renfrognée depuis plus de 40 ans dans le landernau. En fait il a plus ou moins toujours vécu de la politique. Pas si mal d’ailleurs, si l’on en juge à son patrimoine !

Né en 1951, il devint militant socialiste dès 1976, puis conseiller municipal en 1983, conseiller général en 1985 et sénateur en 1986 (réélu en 95 et 2004 !). Il fut aussi ministre en 2000. Il est aujourd’hui député européen depuis 2009 ; bref, un vieux briscard élevé sous les ors de la république. Bien loin du look cheguevaresque qu’il se plait à arborer. Longtemps socialiste (comme Hamon), il s’est fâché avec ses camarades et quitte le PS en 2008. Il rejoint les communistes sur lesquels il fait une OPA avec le Front de Gauche et concours sous cette bannière aux élections présidentielles de 2012 (11%). C’est toujours en phagocytant le PC qu’il se présente aujourd’hui à la mandature suprême. Assez versatile, le très laïcard candidat aura été maastrichtien avant de critiquer rudement l’Europe. Il semble en tout cas maintenant fidèle au communisme dont il ne nous semble pas inutile de rappeler ici le bilan historique. Cela instruira sur la personnalité en question :

Ce bilan n’est bien sûr pas définitif. Il existe aujourd’hui encore plusieurs pays où sévit le fléau : la Corée du Nord, le Laos, la Chine, Cuba…
Au niveau mondial, on considère que les régimes communistes, par le biais des purges, des déportations, des famines organisées ou des meurtres, sont responsables de 100 millions de morts auxquels s’ajoutent toutes les victimes de tortures ou de privations diverses. Souvent, ces massacres se sont faits au détriment des peuples dont les régimes en question avaient la responsabilité. Évidemment, c’est la loi du nombre, plus le pays est grand, plus les morts sont abondants, et c’est en Chine et en URSS que l’on compte le plus de victimes. Mais un système éphémère comme le Kampuchéa Démocratique d’inspiration marxiste a assassiné 2 millions de personnes sur 7 millions que représentait sa population, en seulement quatre ans !

Ces exactions ont été en partie, et pendant un temps, commises avec la complicité morale de l’ensemble des mouvements communistes, dont le parti communiste français. Il est en effet très important de savoir que celui-ci a, comme quasiment tous les autres PC, appartenu à la 3ème Internationale. Il suivait donc à la lettre les consignes du Kremlin. Le PCF était, jusque dans les années 50, formellement aux ordres du « grand frère russe ». À ce titre, il s’est couvert de déshonneur à de nombreuses reprises. Cela a été le cas notamment lors de l’alliance du PCUS avec les Nazis en 1939. La plupart des responsables du Parti communiste français ont soutenu l’Internationale.

Le PCF a changé depuis la mort de Staline et la fin du Kominform. Il n’en reste pas moins que l’évocation d’un mouvement au passé si scabreux nous semble toujours une invraisemblance. On n’entend pas beaucoup le camarade Mélenchon sur ce point !