Céline, un génie que l’on ne peut citer

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On se souvient, il y a quelques mois, Gallimard prévoyait de publier les pamphlets de Céline. Puis la pression a été trop forte (Serge Klarsfeld s’indignait), et le célèbre éditeur avait dû renoncer.  Il se trouve pourtant que Céline (Louis-Ferdinand Destouches à la ville), aussi peu fréquentable soit-il, est l’un des plus importants écrivains du XXème siècle. Tous les critiques, ou presque, voient en lui un génie de la littérature, et c’est également vrai à la découverte de ses fameux pamphlets.

Se pose donc la question de savoir, si, à l’heure de la réapparition du très indigeste « Mein Kampf », on ne peut pas promouvoir la production d’un grand auteur national, quelle que soit par ailleurs la nature de l’individu et la substance des œuvres concernées. Certes les pamphlets : « Bagatelles pour un massacre », « Les Beaux draps » ou « l’École des cadavres » sont particulièrement marqués par un antisémitisme virulent. Mais on n’est pas obligé de partager les options d’un écrivain pour parcourir son livre !

C’est la position, entre autres, de Michel Onfray. Le philosophe, qu’on ne peut soupçonner de racisme, ajoute que si l’on doit censurer Céline pour avoir collaboré avec le nazisme et défendu les thèses les plus extrêmes, il faut bannir en même temps les écrivains laudateurs des régimes stalinien ou maoïste.  Au pilori donc les BHL, Glucksmann, Sollers…et tant d’autres

L’idée raisonnable est de tout laisser paraître et de discuter autour des œuvres polémiques. Il est inutile, encore une fois de prendre les Français pour des bêtes influençables.

Notons que les pamphlets sont édités à l’étranger (Québec 2012, édition Huit), et qu’ils sont naturellement présents sur la toile, ce qui rend leur interdiction sans doute plus incongrue encore.