Chasse Loire, l’instant de l’approche

share on:
Photo RA info

A la différence de beaucoup d’autres départements, la Loire ne compte que deux espèces de grands gibiers : le chevreuil et le sanglier. La chasse à l’approche se pratique sur les deux.

Nous évoquons ici l’approche du brocard qui peut avoir lieu de juin à octobre, voire plus tard, mais l’époque la plus courue est l’été. Le tir d’été sera l’occasion de conquérir un beau trophée, mais aussi et avant tout de prélever un animal malade où déficient.

L’approche est une chasse solitaire qui se déroule au petit jour, ou le soir au gagnage évidemment sans chien. Le chasseur doit être le plus discret possible, et se fondre dans la nature. Cette technique se pratique avec des vêtements parfaitement silencieux, des chaussures souples en toile, une paire de jumelles, une carabine équipée d’une lunette avec un calibre léger et tendu comme les 7X64 ou 270 W, et enfin d’un pirsch. Le pirsch est une sorte de bipode ou tripode en bois qui permet de poser l’arme avant le tir. On ne tient jamais sa carabine à bras franc pour le tir à l’approche ; ce serait trop aléatoire ! Les plus audacieux et les mieux entraînés pourront utiliser un arc (généralement à poulies) avec des flèches aux pointes acérées comme des scalpels. Le maniement de l’arc demande beaucoup de pratique, une grande expérience, et bien sûr des autorisations spécifiques.

L’idée de la chasse à l’approche est de sélectionner un chevreuil, et de tenter de venir au plus près de lui. Il faut parfois attendre de longues heures, ramper, contourner un territoire à cause d’un vent défavorable ; le chevreuil a un sens olfactif extraordinaire. Tout cela pour un résultat hypothétique. Beaucoup de chasses à l’approche sont infructueuses. L’animal convoité n’aura pas été vu, les conditions du tir ne seront pas les bonnes, l’animal aura décelé la présence du chasseur…

Quand une approche a réussi, il convient de tirer l’animal de profil, au défaut de l’épaule ou dans le cou. Il est impératif que la mort soit sûre et instantanée. Une fois le brocard au sol, couché sur le flanc, on doit lui rendre les honneurs, manifester son respect.

La chasse à l’approche demande beaucoup de persévérance et de rigueur, mais c’est sans doute l’un des plus beaux exercices cynégétiques.

Christophe Arnould