Cinéma : La mort de Louis XIV, un navet confit

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Le journal Libération consacrait dernièrement deux pages au film d’Albert Serra « La Mort de Louis XIV », présentant cette réalisation comme une réussite exceptionnelle tant sur le plan de son interprétation, de sa mise en scène ou de sa portée métaphysique. Un enthousiasme que de nombreux autres médias partagent. Alors, comme nous sommes des amis de l’Histoire et du 7ème Art, nous nous sommes précipités. Quelle rude déception !

Le Roi Louis XIV aura régné 72 ans. Il s’éteindra le 1er septembre 1715 rongé par la gangrène. Ce sont précisément les dernières heures du monarque qui sont relatées dans le film. Mais qui a-t-il vraiment à relater dans ce huis clos gémissant qui hésite entre le voyeurisme et la compassion…

Nous avions pourtant hâte de voir Jean-Pierre Léaud en Roi Soleil : les critiques l’encensaient. On aurait dû se méfier, le comédien a été l‘égérie de la « Nouvelle Vague », ce qui ne fait pas forcément de lui de lui un bon acteur, tant s’en faut ! Et effectivement, à part l’âge de son rôle, Jean-Pierre Léaud n’apporte rien de bien crédible dans l’interprétation du souverain mourant. De toute façon, toute crédibilité a été bannie du film.

Dans une chambrette à la reconstitution douteuse, le vieux souverain souffre, se plaint (on le comprend), pour sombre petit à petit dans le néant puis dans la mort. Autour du Roi, quelques collaborateurs, domestiques et courtisans tentent, comme ils le peuvent, de soulager leur maître.

La bande sonore est faite de râles, de quelques répliques approximatives et du bourdonnement d’une mouche censée instruire sur la puanteur de l’endroit (gangrène oblige !). La production est indigente, sans moyen, sans musique, et pour ainsi dire sans acteur. Nous avons assisté à une sorte d’avatar baroque du Projet Blair Witch, et, en l’occurrence, le projet a échoué !

Ce qu’il faut retenir du film est qu’Albert Serra et Jean-Pierre Léaud ont plein d’amis dans la presse.

CA