Dansons sur le feu nucléaire !

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Donald Trump a fait reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël.

Cette décision n’est pas, a priori, une surprise, puisque le Congrès US l’avait déjà voté en 1995. Bush père et fils, Clinton, Obama l’avaient promise pendant leurs campagnes respectives, mais sans suite.

Donald Trump tient donc les engagements de son pays : un comble…

Nationalement, son initiative n’a que des avantages:

Elle lui apporte le soutien du tout puissant lobby sioniste américain, avec le renfort médiatique dont il a tant besoin actuellement.

Son gendre Jared Kushner, juif orthodoxe kabbaliste a été nommé conseiller spécial à la Maison-Blanche. Il a un accès direct au cabinet de Netanyahu.

Elle enchante aussi sa base électorale évangéliste pro-Israël dans la « Bible Belt », cette contrée fidèle et dévouée qui l’a fait chef d’État.

Le choix de son vice-Président Mike Pence n’est pas un fait du hasard : il se définissait ainsi pendant la campagne :  « je suis, dans l’ordre : chrétien, conservateur et enfin républicain ».

Mais internationalement, l’affaire s’avère plus risquée

Cette décision de reconnaissance de Trump, exacerbe puissamment la confrontation entre tous les messianismes, juif, chrétien et chiite.

Tout le monde connaît le messianisme juif qui attend la félicité permanente après la destruction violente des états et l’arrivée sur le Dôme du Rocher du sauveur dans le troisième temple reconstruit.

Moins su : la pensée évangéliste sioniste : sur Youtube,on peut écouter les prêches enflammés des pasteurs qui haranguent les foules : souvent plusieurs dizaines de milliers d’ouailles en transes . Les fidèles se délectent du discours de leurs leaders qui prétendent, au travers de l’Apocalypse décrite par Saint-Jean, au retour du Christ sur terre à Jérusalem (et avec lui la paix éternelle).

Enfin, la vision musulmane chiite iranienne qui espère dans la douleur et parfois l’auto flagellation la venue du « Mahdi ». La réapparition de Mohamed qui avait quitté le monde pour le ciel à Jérusalem. Tous les mahométans vénèrent encore la marque dans la pierre du coup de talon, nécessaire à son ascension à partir du Dôme du Rocher, là où a été construite la mosquée Al-Aqsa, de Jérusalem.

Or, on tue allègrement au nom de Dieu.

Souvenons-nous de celles qu’a connues l’Europe où pendant la guerre de Trente Ans, un tiers des populations rhénanes avaient été exécutées.

Dans le cadre unique que représente Jérusalem, quelques tisons malencontreusement allumés suffiraient à faire détonner un feu atomique « salvateur »! Éclairs divins et concomitants de centaines de bombes nucléaires israéliennes, américaines, iraniennes, russes ou chinoises.

Le Messianisme utopique rejoint ici la réalité par un embrasement général.

Apocalypse rédemptrice… Armageddon salvateur…

On a connu par le passé des événements assez contingents, comme l’assassinat de l’Archiduc d’Autriche en 1914, aboutissant à la guerre mondiale et à plusieurs dizaines de millions de morts.

Prudence donc, quand on joue aux allumettes à côté de mégatonnes de dynamite que beaucoup aimeraient « mystiquement » enflammer

Pierre Maréchal,  Jacksonville