Les derniers jours du Bunker de Berlin

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Il y a tout juste 73 ans, Berlin sombrait dans le chaos le plus total. La ville, dernière place où de débattent les plus fanatiques des nazis, allait bientôt tomber aux mains des Soviétiques. L’armistice sera signé le 8 mai 1945, apportant une paix relative dans une Europe en ruines. Il faudra encore attendre le 2 septembre et la capitulation du Japon pour solder définitivement la 2ème Guerre mondiale.

Les civils berlinois n’auront pas été épargnés dans l’agonie du régime hitlérien. L’envahisseur russe ivre de rage traitait les Allemands avec une cruauté ultime ; les massacres et les viols jalonnèrent l’invasion. La population n’avait qu’une hâte : se rendre aux Américains dont ils prévoyaient qu’ils seraient plus cléments. Mais les autorités ne l’entendaient pas de cette oreille. Le régime rassemblait dans un dernier soubresaut jeunes et vieillards qui pouvaient encore se battre. Mal équipés, considérés comme des francs tireurs et donc abattus dès leur capture, ils livraient une lutte perdue face aux hordes soviétiques qui déferlaient sans répit. Les membres du « volkssturm », souvent des enfants, maniaient sans grand espoir les fameux Panzerfaust, et réussissaient parfois à stopper les monstrueux chars T34 : le combat de David contre Goliath.

Le régime nazi a condamné sa propre population au néant. Hitler voulait emmener dans sa chute tous ceux, peuple compris, qui n’avaient pas montré assez de volonté dans une lutte homérique pour l’instauration d’un ordre qui aurait duré mille ans.

Depuis plusieurs semaines, le Führer s’était terré dans le bunker de la Chancellerie, au cœur de Berlin. De là, il imaginait des contre-offensives déterminantes lancées par les divisions de Wenck ou celles de Steiner. Il espérait l’intervention d’armes nouvelles dont la puissance saurait mater le monstre communiste : autant de chimères !

Ses partisans n’auront espéré qu’une chose, et ce jusqu’au dénouement du drame qui se jouait dans le refuge blindé : la fuite du dictateur dans les Alpes, près de l’Obersalzberg, où une résistance, quasi illimitée dans le temps, aurait pu s’organiser. Hitler lui-même prévoyait cette issue, et ce jusqu’au 20 avril, le jour de son anniversaire. Puis il changea d’avis, déclara qu’il voulait rester au cœur de l’événement et défendre Berlin jusqu’au bout.

L’histoire (une histoire) dit que Hitler se suicidera dans l’après-midi du 30 avril avec Éva, sa toute récente épouse.

Est-ce bien la réalité ? De nombreux spécialistes pensaient qu‘Adolf Hitler aurait pu fuir Berlin en avril 1945. Cette hypothèse semblait d’autant plus congrue que les services secrets du monde entier se sont lancés sur les traces du dictateur dès le mois de mai 45. Les Russes ont bien prétendu détenir un fragment de son crâne. Celui-ci a même été exposé en 2000, tout droit sorti des archives du GARF (archives d‘État de la Fédération de Russie) à l’occasion du 55e anniversaire de la victoire.

Un scientifique américain avait pu analyser l’os en question, et déterminé qu’il correspondait à l’os d’un humain de moins de 40 ans et à une femme ! Serait-ce un reste d’Eva Braun ?

Il y a quelques mois, un médecin légiste français, Philippe Charlier a pu enquêter à Moscou. Ses conclusions penchent, elles, pour la thèse du suicide. De quoi mettre définitivement fin au mystère.

Pour en savoir plus : Jean-Christophe Brissard et Lana Parshina « la mort d’Hitler, dans les secrets du KGB » (Fayard)