La descente aux enfers de Manuel Valls

share on:
Valls

Il s’était construit un personnage implacable : moue autoritaire, mine colérique ; Manuel Valls voulait s’imposer au cœur du pouvoir. Onc ne pouvait lui résister. Ses positions et son style étaient cependant loin de plaire à tous, quant à ses résultats à Matignon, il n’est sans doute pas utile de les évoquer ! Pourtant rien ne semblait le toucher, ni les frondeurs, ni un public souvent hostile. Le matamore restait debout, dominateur.

Il en aura rabattu depuis quelques semaines.

La descente aux enfers commençait dès les primaires socialistes. Celui qui les voyait comme une formalité aura été balayé par le pourtant bien modeste Benoît Hamon. Après avoir juré qu’il se plierait aux règles de la compétition, Manuel Valls trahit une première fois puisqu’il ne soutint pas son (provisoirement) heureux adversaire.

Le triste sire trahit encore et envisagea d’abandonner les socialistes pour rallier « En Marche » le camp des vainqueurs. Il tentait donc de faire allégeance à Emmanuel Macron. Le nouveau président ne l’entendit pas de cette oreille et méprisa le quémandeur. Il consentit toutefois à ne pas lui opposer de candidat pour la prochaine législative dans la circonscription d’Évry. La troisième trahison concernera l’électorat : Manuel Valls ira jusqu’à mentionner « Majorité présidentielle » sur ses affiches, bien que, on l’a vu, Emmanuel Macron ne veuille pas de ses services !

Mais la justice immanente veille à Évry : les derniers sondages indiquent que Valls serait dans une position difficile contre la candidate « France Insoumise ». Mieux, le Premier ministre déchu devra affronter son ennemi intime Dieudonné lors de cette consultation. L’humoriste n’a en effet pas oublié l’acharnement avec lequel Valls avait prévu de l’abattre. Il veut sa revanche, il veut humilier le « prétentieux ». On attend avec une certaine gourmandise les prochains débats dans la circonscription.

Jean-Jacques Corbier