Février 34, quand la République a tremblé

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1934, voilà bien une époque où l’extrême droite était puissante. La France venait de subir un krach boursier suite à la crise qui avait secoué les USA dès 1929. Les groupes factieux dénonçaient la grande finance, et des gouvernements forts s’installaient partout. Benito Mussolini occupait depuis plusieurs années le commandement de l’Italie. L’année précédente, Adolph Hitler avait été nommé chancelier par le grand maréchal Hindenburg et avait conquis ainsi démocratiquement le pouvoir. Bientôt se déclencherait la guerre d’Espagne qui verrait les Franquistes vaincre le communisme. Bref, le climat européen coïncidait avec l’émancipation des nationalismes.

La France ne faisait pas exception. Les ligues organisées autour des nombreux anciens soldats de 14-18 tenaient le haut du pavé. L’Action française et les Camelots du Roi, les Francisques, les Jeunesses patriotes, les Croix de Feu, et bien d’autres formations dont l’union Nationale des Combattants s’étaient donné rendez-vous place de la Concorde pour exprimer le mécontentement de tout un peuple contre des institutions corrompues qui minaient alors la Troisième république. L’affaire Stavisky du nom de cet escroc qui défrayait la chronique et qui montrait les accointances entre le pouvoir et la finance dévoyée venait de mettre le feu aux poudres. Le rassemblement se transforma en une bataille rangée qui eut plusieurs sursauts jusqu’au 12 février. La police n’hésita pas à tirer sur la foule, elle même d’une grande violence. Au cri de « à bas les voleurs » on se battait à coup de barre de fer de rasoir, de pistolets. On releva à l’issue des émeutes pas moins de 14 morts et des centaines de blessés. Les manifestants les plus déterminés ont failli prendre le Palais Bourbon, et mettre à mal la République. Le colonel de la Rocque qui dirigeait avec autorité les nombreux membres des Croix de Feu a refusé au dernier moment d’attaquer la chambre. La République lui doit sans doute sa survie. Quelques années plus tard c’est le Front Populaire qui accédera au pouvoir, et quelque temps après ce sera la guerre.