le Général Lee victime de la mauvaise foi

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A la faveur de l’émoi médiatique suscité par le défilé de l’extrême droite américaine à Charlottesville, Libération publiait un encart très accusateur à l’encontre du Général Lee (un mythe à déboulonner !). Le quotidien y accablait le chef confédéré pour sa supposée incompétence ; il le décrivait en outre comme un raciste invétéré. Robert Lee était pourtant adulé par ses hommes et profondément respecté par ses adversaires qui voyaient en lui un personnage intègre d’une très grande valeur, à la foi militaire et humaine.

Avec la guerre civile américaine (1861-1865), nous somme évidemment au cœur du manichéisme médiatique le plus simpliste : au Sud, les odieux propriétaires blancs, au Nord, les gentils abolitionnistes. La réalité est éminemment plus compliquée, et le sujet de l’esclavage ne sera en rien déclencheur d’un conflit qui puise ses origines dans des considérations politiques culturelles et économiques bien éloignées des caricatures et des manipulations communément assenées. Il faut savoir, par exemple que des unités noires combattirent dans le camp confédéré ; une anecdote certes, mais qui démontre à elle seule la complexité de la situation.

Revenons au généralissime et à l’article très déformant de Libération. Dans une lettre écrite à sa conjointe, le chef sudiste aurait prétendu que « les Noirs sont incomparablement mieux lotis ici qu’en Afrique, moralement, socialement et physiquement. L’instruction douloureuse qu’ils subissent est nécessaire pour leur éducation en tant que race… »

Il s’agit là d’une assertion regrettable, mais qu’il convient de replacer à l’époque. Nous sommes en 1856, avant l’élection d’Abraham Lincoln, alors que l’esclavagisme sévissait dans divers points des États-Unis, et qu’il n’était pas question de le remettre en cause.

Nous sommes aussi au temps de l’expansion française.

Quelques années plus tard, Jules Ferry, anticlérical notoire, colonialiste forcené, et héros des socialistes français, déclarera à la chambre : « Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… »

Nous attendons donc que Libération préconise le bannissement de Jules Ferry de l’espace public français…