Les grandes vertus de la Coupe du Monde

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« Du pain et des jeux » : la méthode consistant à flatter la plèbe est vieille comme l’antiquité. Cette coupe du Monde en est encore une fois la démonstration outrancière. L’univers est scotché à ses écrans et oublie ses misères à la grande satisfaction des diverses autorités. Certes, le principe s’étiole au fil des éliminations, et après l’espoir d’un couronnement, leur rêve brisé, les relégués redeviennent des opposants plus déterminés que jamais. C’est dire combien chaque succès comble de joie les gouvernements en mal de popularité.

Le Président Macron parie sans doute beaucoup sur cette compétition. Il se rappelle toute la gloire qu’avait pu tirer Jacques Chirac de la victoire des Bleus en 1998 ! Alors que l’équipe de France est encore en lice, la rancœur des Français envers la politique libérale et répressive du gouvernement s’est émoussée. Onc ne parle du scandale des 80km/h ; plus personne ne s’avise à quelques critiques : la France est (pour l’heure) fascinée.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Au-delà des images spectaculaires d’un jeu bondissant de surprises, cette Coupe constitue une parenthèse dans le déchaînement mondialiste. Il ne s’agit plus de nier les particularités de chaque pays, de mépriser l’identité des peuples. L’épisode que nous vivons est un concentré de patriotisme qui doit se révéler bien douloureux pour le « politiquement correct ». Les stades sont pleins d’une ferveur qui ferait pâlir d’envie les organisateurs de meetings politiques. La foule hurle les hymnes nationaux comme si elle partait défendre sa terre et ses enfants. Certes tout cela n’est que simulacre ; il n’en reste pas moins que sous le couvert de jeux bien règlés sommeille une flamme de bon aloi. Elle démontre que tout n’est pas encore perdu !

Naturellement certains publics et surtout certains joueurs véhiculent plus que d’autres cet engouement. L’équipe de France, quel que soit par ailleurs son talent, ne sera pas la plus exaltée ; la diversité qu’elle représente doit certainement contrarier un tel enthousiasme. Bien d’autres nations en revanche expriment, ou ont exprimé avec force leur essence patriotique.

Nul doute que dans les derniers feux de la compétition, cette notion jouera son rôle. Mais, comme il convient de la dire sagement : que le meilleur gagne.