Loire : Une élue FN menacée de mort

share on:
Isbelle Surply, conseillère régionale Front National Auvergne Rhône-Alpes

Isabelle Surply est conseillère régionale Front National de la région Auvergne Rhône-Alpes. Elle à récemment été menaçée de mort sur les réseaux sociaux. Témoignage :

Capture d'écran d'une partie des menaces reçues par Isabelle Surply
Capture d’écran d’une partie des menaces reçues par Isabelle Surply

Isabelle Surply, vous avez été la cible de menaces de mort, de menaces de violences et d’injures sur les réseaux sociaux, faits pour lesquels vous avez décidé de déposer plainte en date du 10/06/2016. Pouvez-vous nous éclairer sur la nature des propos incriminés ?

« Si j’te croise, j’te défigure », « Je te souhaite, Isabelle SURPLY, de te faire violer…l’idéal serait 5 blacks pour elle pour lui faire goûter de la colonisation », « avec ton batard de gosse je t’aurais craché dessus », « mange ma bite d’arabe, pétasse nazi », « c’est ta gueule qu’on aurait dû brûler »… et encore je vous fais grâce des centaines d’autres messages postés en messagerie privée sur ma page politique Facebook ainsi qu’en commentaires sur un bon nombre de mes publications.

Je vous en fais grâce car ce serait long, fastidieux et terriblement nauséeux.

D’après vous, quel a été l’élément déclencheur de cette hostilité ?

Je suis contente que vous me posiez la question car je remarque que personne n’a vraiment osé retranscrire la vérité.

Dimanche 5 Juin, vers 23h, j’ai effectué un retweet : j’ai partagé la publication d’un internaute sur twitter qui disait « Attention, dès demain grand concours de sucette des sables avec tous les collabos souhaitant un bon ramadan à tous nos zamis muzz ». 

Un journaliste de l’AFP a remarqué mon RT et déclaré aussitôt sur son compte twitter que JE traitais les gens de collabos. En fait, il m’a attribué la production du tweet en question. Là, la toile s’est embrasée… « pour une élue FN, souhaiter un bon ramadan c’est être un collabo ». 

Une pluie d’insultes et de menaces s’est alors abattue sur mes profils, et ailleurs sur bien d’autres sites, sans avoir eu le temps de dire ouf. 

Si j’avais dû twitter la même chose j’aurais fait « pire », j’aurais taxé tous ces politiques (qui souhaitent chaque année un bon ramadan aux musulmans mais jamais de bonnes Pâques aux chrétiens) de clientélisme, d’électoralisme ! En partageant ce tweet j’ai mis en exergue l’exaspération des français sur la laïcité à double vitesse de certaines dirigeants. Ni plus, ni moins.

Bref, toute cette histoire pour un retweet qui parle du Ramadan, en somme, c’est carrément hallucinant. 

Ces messages inacceptables, qui bien entendu ne laissent aucun doute sur la responsabilité pénale de leurs auteurs, sont-ils monnaie courante vous concernant ?

Absolument pas ! J’ai souvent été « trollée » sur mes comptes de réseaux sociaux mais c’était plus de la mauvaise fois qu’autre chose.

Cela n’a jamais été méchant, et ce sont bien souvent des comptes « fantômes », c’est à dire de faux noms (des avatars), de faux prénoms, des comptes sans amis, juste créés pour nous provoquer et tenter de nous faire « déraper » ou perdre notre sang-froid. Courageux et honorable hobby, vous en conviendrez. Certains ont vraiment beaucoup de temps à perdre, semble-t-il…mais la perfidie n’a pas de montre.

Comment expliquez-vous que ce genre de propos puissent être aussi facilement tenus sur les réseaux sociaux sans que leurs modérateurs n’interviennent ?

Je crois que l’évidence crève les yeux : il y a une modération à double-vitesse complètement politique. Lorsque certains insultent la communauté musulmane, leur compte est suspendu immédiatement après par l’hôte du réseau, en revanche quand Jean-François CAMBADELIS, à l’époque porte-parole du gouvernement socialiste, traite les candidats FN aux départementales de « raclures de fond de poubelles », aucune mesure disciplinaire n’a été prise à son encontre. Vous savez, le FN ne cesse d’augmenter dans les intentions de vote en France, et en face, ils commencent sévèrement à paniquer, alors dès qu’ils peuvent « se farcir un élu du FN » pour discréditer le mouvement, ils sautent sur l’occasion pour tenter d’affaiblir le Front National. Nous sommes censurés en permanence, parce que nous sommes au FN. Ce qui m’a choquée, c’est cette impression de « flicage » des élus FN et une liberté d’expression à sens unique. C’est insupportable. J’ai commencé à dresser une liste de « mots interdits lorsqu’on est élus au Front National » ! N’est pas Charlie qui veut, en France.

Les fonctionnaires de police qui ont enregistré votre plainte vous ont-ils éclairé sur les chances de voir les auteurs être identifiés et poursuivis par la justice ?

Si j’avais été Ministre, peut-être pousseraient-ils l’enquête, mais là j’ai plus l’impression d’avoir assuré mes arrières juridiquement si jamais un jour il m’arrivait quelque chose. En tout cas, si un jour cela devait recommencer, je tannerais la Justice jusqu’à ce que les coupables soient punis. Parce que la liberté d’expression à la carte, cela commence à bien faire…et le laxisme judiciaire aussi.

A l’heure actuelle, craignez-vous pour votre sécurité ? Avez-vous modifié vos habitudes ?

Il faut que je vous avoue quelque chose : ces événements m’ont…galvanisée ! Ils m’ont confortée dans les raisons de mon combat. 

Tous ces idiots-utiles de l’anti-France ne se rendent pas compte qu’en affichant leur haine profonde publiquement, c’est à moi, c’est au Front National et c’est au peuple de France qu’ils donnent raison : les masques tombent ! Nos détracteurs disent souvent que le FN ne véhicule que de la haine. Alors, je leur pose la question aujourd’hui droit dans les yeux : elle est où la haine, maintenant ? 

J’ai toujours été très prudente sur le terrain car je suis une femme, une mère, j’ai charge d’âmes ; le mois dernier un ancien élu communiste m’a craché dessus et sa femme m’a bousculée et a invectivé mon fils d’un an ; pendant les régionales notre caravane a été attaquée physiquement par des racailles aux cris de « Nique la France », « Vive l’Algérie » (avec les drapeaux, évidemment !). 

Je ne vois aucune raison de modifier mes habitudes, car il est absolument hors de question que je me soumette sous la menace à qui ou quoi que ce soit. Qu’on se le dise. Je suis ici chez moi.

Depuis que vous avez décidé de communiquer autour de cette affaire, avez-vous reçu des soutiens ? 

Le flot de haine a laissé sa place à un flot de soutiens ! Et je profite de votre tribune pour les remercier encore, tous : les élus, les anonymes, les adhérents FN de France et de Navarre, mes amis, les non-FN, les personnalités…etc. 

J’ai été extrêmement touchée car beaucoup l’ont fait publiquement. Et pour tout vous dire, j’ai même rallié des personnes à notre cause pour venir travailler sur mon territoire dans la Loire. 

J’ai toujours été convaincue que lorsque l’on tient tête, on donne envie aux autres de tenir tête également. 

Nous sommes ce que l’on fait. C’est tout.

En tant qu’élue du Front National, avez-vous le sentiment d’être plus exposée à ce genre de menaces que les élus d’autres formations politiques ?

C’est plus qu’un sentiment, c’est un véritable constat qui s’opère : si vous êtes un élu FN, vous êtes littéralement « surveillé » par une sorte d’armée, une police de la pensée unique. J’ai d’ailleurs eu des réactions d’internautes d’autres formations politiques que cette histoire a scandalisés, dénonçant comme moi, une inégalité de traitement flagrante, « même s’ils ne partageaient pas mes idées ».

Qu’à cela ne tienne, mon job est certainement plus valorisant que ceux « qui vivent ou sont payés pour nous faire tomber », et je suis extrêmement fière d’être une élue du Front National et de représenter tous les ligériens qui veulent que cela change. Je n’ai rien à me reprocher, je suis une française libre, une élue du peuple, une élue du premier parti de France. 

Allez-vous renoncer à votre présence sur les réseaux sociaux du fait de cette mauvaise expérience ?

Yves Nicolin, député-Maire (LR) de Roanne, a récemment quitté Twitter suite à un flot d’attaques sur son compte… c’est bien dommage car il donne raison à ses détracteurs.

Pour ma part, il faudra se lever de bonne heure pour me faire courber l’échine et me voir déclarer forfait. Je ne suis pas de ceux qui se couchent devant l’obstacle. L’enjeu est trop grand, la France vaut mieux qu’une dérobade, la France ne mérite pas que nous réagissions comme des lâches, la France mérite que nous nous battions pour elle, que nous soyions des conquérants ; la France mérite mieux que toute cette chienlit. 

Elle mérite Marine Le Pen, et je me battrai pour ça.

Plainte d'Isabelle Surply, élue du Front National (Page 1)
Plainte d’Isabelle Surply, élue du Front National (Page 1)
Plainte d'Isabelle Surply, élue du Front National (Page 2 )
Plainte d’Isabelle Surply, élue du Front National (Page 2 )

 Propos recceuillis par Sébastien JALLAMION