Maastricht : 25 ans de malheur

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Peu y ont attaché une quelconque attention, mais on « fête » le 25e anniversaire du traité de Maastricht qui, en autres joyeusetés, a instauré l’Euro.

C’est en 1992, au sortir des vacances de l’été, alors que le public n’était pas précisément disposé au débat politique, que se tenait le funeste referendum du même nom (20 septembre).

Dans un premier temps, les sondages avaient donné une large victoire aux partisans du traité, puis, au fil du temps, les projections se resserraient, leur faisant craindre un échec.

Ils s’affolèrent donc, et organisèrent un débat entre l’un des leaders de la contestation souverainiste, Philippe Seguin, et François Mitterrand lui-même (3 septembre).

Le Président mit tout son poids, et ce qui lui restait de crédit dans la balance. Il ajouta quelques attitudes douloureuses propres à générer la compassion, et susceptibles d’interagir dans le débat (Mitterrand était atteint par un très ancien et éprouvant cancer). Il fallut bien tous ces artifices, et la médiocre prestation de Seguin, pour que le referendum obtienne un « oui » timide, rassemblant seulement 51,05% des suffrages.

Les liquidateurs avaient eu chaud !

Comme d’habitude, pratiquement toute la classe politique, et l’ensemble des médias avaient soutenu le referendum. Seuls quelques eurosceptiques s’étaient engagés pour le NON . On peut citer les cinq plus représentatifs : Villiers, Chevènement, Pasqua, Séguin, Le Pen (Mélenchon avait voté pour !).

Le peuple dans sa sagesse présentait le caractère néfaste du traité. Mais il céda aux injonctions et aux menaces les plus burlesques : guerres, désordre, faillite…

Passé l’euphorie plus ou moins communicative de la victoire, les Français devaient vite tomber de haut. La rigueur de l’Euro, l’augmentation des prix, l’influence de l’étranger eurent tôt fait de refroidir leurs ardeurs manipulées. Cela explique d’ailleurs en partie pourquoi ils repoussèrent le traité de Rome 2 qu’on leur présenta en 2005, et que Sarkosy fit sournoisement revoter par le Congrès quelque temps plus tard.

Il faut dire que depuis les « élites » et les médias avaient déjà perdu beaucoup de crédibilité.