Météo-reporter : le prix du danger

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Les droits de l’homme n’ont jamais été aussi pressants (en tout cas dans nos sociétés) ; la moindre aversion pour une communauté est pourchassée, vouée aux gémonies. L’homophobie, la misogynie ou racisme représente autant de tares qu’il faut condamner avec la dernière énergie. Pourtant il existe une catégorie malmenée et humiliée sans que cela n’alerte personne : les correspondants de la presse télévisuelle pour les événements météorologiques.

Comme chacun sait le temps qu’il fait est le sujet le plus traité dans les médias conventuels. Les « journalistes » se jettent sur la moindre pluie et la plus petite avalanche pour meubler la quasi-intégralité des « 20 heures ». Cela permet aux rédactions de contourner d’autres thèmes beaucoup plus importants : la géopolitique, la crise de la police, la vie de nos institutions, le terrorisme, l’islamisation de notre société…La météo présente l’énorme avantage de laisser le bon peuple dans l’ignorance, et de le conforter dans l’émotionnel. Tant qu’il sera maintenu dans de telles dispositions, le système n’aura rien à craindre de lui !

Ceci étant dit, il y a encore mieux que les caprices du ciel pour apitoyer le quidam : ce sont les décès de stars. Mais, dommage pour les médias et tant mieux pour la qualité de notre patrimoine, il ne meurt pas une vedette chaque jour ! Alors qu’il y aura toujours une petite tempête à craindre ou un coup de chaud dans une pinède.

C’est précisément dans ces nombreuses circonstances qu’apparaît notre correspondant-martyr. N’avez-vous jamais remarqué que l’on filme le reporter en question au plus près du problème. Pour bien montrer qu’il pleut à verse, on va contraindre l’individu à exprimer le drame en situation, sous la pluie. On constate donc sur l’écran les personnes concernées frigorifiées, trempées, aux prises avec un vent terrible, ou menacées par des vagues gigantesques.

Toujours le grand guignol. Quelle différence cela ferait-il qu’on nous explique l’intempérie d’un studio confortable et chauffé, ou au moins d’un abri ?

Les médias jugent certainement le public trop limités pour se rendre vraiment compte. Et puis, ce serait tellement moins sensationnel.