Parti communiste français : il bouge encore !

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Maurice Thorez et Marcel Cerdan ont un point en commun : ils ont suscité l’enthousiasme populaire. On le comprend du boxeur, un grand champion qui marqua les esprits en soumettant son très nazi compétiteur José Ferrer en 1942 devant 16000 Parisiens. On le comprend moins du soldat Thorez qui désertait en 1939 pour se cacher en URSS, trahison pour laquelle il sera condamné à mort ; une peine amnistiée à la Libération par un De Gaulle, pour le coup, magnanime ! Ainsi va le Communisme français.

Pourtant, les deux personnages seront des stars de l’après-guerre ; Cerdan pour tous les Français, Thorez pour la foule des militants PCF. Il est vrai que l’enthousiasme des travailleurs européens était directement téléguidé par l’IC et le Kominform, autrement dit, par la très efficace propaganda moscovite. Qu’importe, c’était l’âge d’or du des Rouges français, celui qu’on appelait alors «le Parti des Fusillés » (!).

Les temps ont changé. Au fil des années, l’audience du communisme français s’est érodée. Le bilan du Stalinisme, les événements de Budapest et de Prague, l’Afghanistan, la chute du mur sont autant d’étapes qui eurent un retentissement équivoque chez beaucoup de « camarades ».

Mais c’est précisément en 1972, lors de la mise en place du Programme Commun, que le « Parti » s’est injecté un poison. Il est fréquent de lire que les deux erreurs historiques du PCF (même si l’on sait que le communisme est lui-même une erreur !) auront été le ralliement au pacte germano-soviétique en 1939, et la soumission à Mitterrand en 1972. À l’époque, Georges Marchais, un peu moins collabo que Thorez, mais sans doute plus naïf, s’est fait rouler dans la farine par le florentin socialiste. Le PC a depuis lors entamé son déclin, et ne représente aujourd’hui presque plus rien, si ce n’est quelques édiles locaux, et d’anachroniques groupes parlementaires soutenus par des systèmes électoraux aussi éloignés de la logique que de la morale.

Parmi les fiefs communistes qui perdurent deux villes de la Loire : Unieux et Firminy. C’est précisément sur cette circonscription qu’a été réélue sénatrice Madame Cukierman lors des récentes consultations.

Le clientélisme, et le réseautage fonctionnent, et malgré les déconvenues, le PC s’organise. Bref, il bouge encore.

P.P