Questions autour de la représentation de Jeanne

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Mathilde Eday Gamassou, une Orléanaise de 17 ans va camper le rôle de l’héroïne de France dans la prochaine commémoration de Jeanne d’Arc le 8 mai. Orléans a été en effet la première ville alors occupée par les Anglais que la « pucelle » a délivrée en mai 1429. Une action prodigieuse qui va raviver la résistance française, et contribuer sans doute à remporter la fameuse « guerre de 100 ans ».

L’épopée de Jeanne sera aussi extraordinaire que brève puisque capturée par les Bourguignons (alliés des Anglais), elle sera jugée dans le cadre d’un procès inique et condamnée à être brûlée vive, place du Marché à Rouen le 30 mai 1431 à l’âge de 19 ans. Cet épisode qui fait coïncider bon nombre de miracles avec la plus rigoureuse histoire fera de Jeanne l’une des plus grandes figures du roman national français. La jeune fille sera réhabilitée par un nouveau procès diligenté en 1456. Elle sera ensuite béatifiée au début du 20ème siècle et canonisée par l’Église catholique en 1920. Elle est l’une des 4 Saintes patronnes de la France.

Jouer une telle personnalité représente un honneur pour la jeune fille qui est choisie chaque année parmi de nombreuses candidates. Les prétendantes doivent impérativement répondre à trois obligations : s’avérer Orléanaise depuis au moins 10 ans, être pratiquante de la religion catholique, et avoir la notoriété d’aider les autres.

Mademoiselle Eday Gamassou, guide des scouts d’Europe, correspond sans nul doute aux 3 caractéristiques en question. Il n’y a qu’un hic : elle est métisse d’un père Béninois et d’une mère Polonaise.

Naturellement de très nombreux observateurs critiquent cette sélection et craignent une nouvelle dérive.

Le choix d’une telle candidate peut paraître effectivement bizarre, car, la couleur de la peau a en l’occurrence une indéniable prépondérance et devrait participer aux critères de désignation ; le rôle de la figurante étant de représentée au plus près une jeune Lorraine du XV siècle, dont chacun s’accorde à dire qu’elle était « Européenne de souche », donc blanche. On imagine sans peine que parmi les 250 postulantes, certaines répondaient avec plus de crédibilité à la vision universelle de l’héroïne.

Si nous devions camper Obama dans une commémoration, apprécierions-nous que le comédien soit caucasien ou asiatique ?