Rencontre avec Muriel Coativy, nouvelle secrétaire départementale du Front National du Rhône

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Muriel Coativy vous venez d’être nommée Secrétaire Départementale de la Fédération du Front National du Rhône. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, et décrire votre parcours politique ?

J’ai 50 ans. J’ai un parcours un peu atypique car avocate de formation (ancienne conseillère juridique et fiscale), j’ai fait le choix de renoncer à ma carrière professionnelle pour voir grandir mes quatre enfants. En marge de cette nouvelle vie de mère au foyer, je me suis beaucoup investie dans le monde associatif lié à l’enfance. En 2008, lors des élections municipales sur Sainte-Foy-lès-Lyon, commune que j’habite depuis 25 ans, j’ai été démarchée en qualité de présidente d’une association des familles pour figurer sur une liste dite apolitique de droite. J’ai été élue conseillère municipale d’opposition mais cette liste était tout (UMP /Modem) sauf apolitique. Attirée alors par la politique comme prolongement de mon engagement bénévole, et comprenant que pour s’engager politiquement il fallait choisir son camp et donc s’encarter, j’ai démissionné de mon mandat et pris ma carte au Front national, seule famille politique qui m’a donné envie de porter avec enthousiasme, fierté et confiance les couleurs de la France. Mon parcours politique ne commence donc qu’en 2008 mais va vite s’accélérer.

Candidate FN aux élections cantonales de mars 2011 sur le canton d’Oullins puis aux législatives 2012 sur la 12ème circonscription du Rhône, j’ai ensuite mené en mars 2014 la liste Sainte-Foy-Bleu-Marine sur ma commune et je fus à nouveau élue conseillère municipale.

En septembre 2012, j’ai été en outre nommée secrétaire départementale adjointe de la fédération FN69 aux côtés de Christophe BOUDOT.

Candidate aux sénatoriales de septembre 2014, j’ai été élue 42ème membre du comité central du FN lors du Congrès de Lyon en novembre 2014. Le 16 décembre 2015, j’ai été élue, en 2ème de liste Métropole de Lyon derrière C.Boudot, conseillère régionale de la région Auvergne Rhône-Alpes. Je suis en outre depuis avril 2016 secrétaire départementale de la fédération Front national du Rhône, prenant la succession de Christophe BOUDOT. Très engagée au sein de ma fédération et ne comptant ni mes heures ni mon énergie, je profite en outre de mes deux mandats d’élue pour oeuvrer chaque jour au rayonnement de notre mouvement sur le département.

Quelle sera votre priorité dans vos nouvelles fonctions ?

La mission que m’a confiée Marine Le Pen est ardue mais j’aime relever les défis. Implanter durablement le Front national au sein du territoire doit nécessairement passer par une professionnalisation de l’ensemble de nos actions. Ce sera une de mes premières priorités.

Ma priorité sera en outre de fédérer, d’unir tous les patriotes autour de notre cause commune : la grandeur et la souveraineté de notre Patrie.

Enfin, nous devons redonner confiance aux français, par notre présence, notre crédibilité et notre attitude irréprochable. Des exigences que je m’imposerai à moi-même ainsi qu’à mon équipe. Nous devons leur montrer combien nos militants bénévoles d’aujourd’hui ont toutes les compétences requises pour être leurs dirigeants de demain.

Croyez-vous que le Front National, comme le prétendent certains analystes, a atteint un « plafond de verre », comme pourrait le laisser entendre le score qu’il a réalisé lors des dernières élections régionales dans votre secteur ?

Cette notion de « plafond de verre » n’a été inventée par nos adversaires que pour leur éviter de se remettre en cause et de les rassurer d’un phénomène pourtant criant : le rejet de plus en plus important des français de la politique menée conjointement par l’UMPS depuis plus de trente ans. Le Front national est aujourd’hui le premier parti de France. Les petites magouilles électoralistes négociées ici et là leur permettent de gagner quelques années mais c’est reculer pour mieux sauter. Les élections présidentielles qui ont lieu actuellement en Autriche sont révélatrices de ce phénomène et montrent combien ce « plafond de verre » peut vite voler en éclats.

Au vu de votre expérience personnelle, diriez-vous qu’être une femme en politique rend la tâche plus difficile ?

Pas du tout, en tout cas pas en ce qui me concerne. Dans ce monde en effet traditionnellement masculin, le propre de l’intelligence féminine est de tirer le meilleur de ses « défauts ». Nous appréhendons la politique différemment, nous sommes surement moins revendicatives qu’un jeune loup qui débarque, nous sommes assurément plus patientes, nous devons nécessairement travailler deux fois plus mais au final, le résultat est là. Le Front national ne soutient pas la loi imposant la parité en politique car nous prônons la méritocratie. Imposer des quotas de parité alors que peu de femmes sont intéressées par la politique est une aberration et peut générer des doutes sur la réussite politique de l’une d’elles. C’est regrettable. Réussir en politique pour une femme est tout à fait possible, et nous n’avons pas besoin de cette loi.

L’année 2017 sera marquée par les élections présidentielles et législatives. Pensez-vous que des candidats du Front National ont des chances de rejoindre l’assemblée nationale dans votre département, et serez-vous candidate ?

Nous aurons des candidats dans nos 14 circonscriptions, sept hommes et sept femmes, qui défendront les valeurs du Front national. J’ai moi-même candidatée sur ma circonscription en attendant la décision de Marine Le Pen de m’en confier la tâche.

J’avoue être plutôt une femme de terrain. Les journées sont courtes. Je préfère être au contact direct des électeurs plutôt que derrière mon ordinateur à faire des calculs savants d’évolution de pourcentage et de gain de voix. Il nous faut être sur le terrain pour convaincre les français que notre programme est crédible, applicable, qu’il est le seul à pouvoir répondre aux maux de cette mondialisation qui nous est imposée. Je ne peux hélas pas faire de pronostic aujourd’hui sur le réveil français. Je ne peux que l’espérer. En tout cas, nous aurons 14 candidats courageux pour offrir aux français cette chance de sortir de la crise morale et financière que nous traversons. Aux français de la saisir !

Quel est le profil de celles et ceux qui se présentent sous les couleurs de votre parti ?

A l’heure d’aujourd’hui, nos candidats ne sont pas encore connus. Des militants de notre fédération ont candidaté auprès de Marine Le Pen et une CNI (Commission Nationale d’Investiture) devrait se tenir début mai pour nommer les candidats pré-investis sur le Rhône pour les prochaines législatives 2017. Je ne peux donc pas hélas vous en dire plus actuellement. 

Propos recceuillis par Sébastien JALLAMION