Rhône-Alpes : le périlleux équilibre des majorités

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Danseur de French Cancan n’est pas un métier facile, ne serait-ce que dans la perspective du fameux grand écart sauté. Les artistes en question ajouteraient que dans ce domaine la figure exécutée de « face » présente plus de périls encore. L’exploit demande des mois d’entraînement, et des heures d’échauffement pour chaque prestation. Cette discipline constitue pour les adducteurs ce que le retournement des doigts est pour le ballet traditionnel khmer : un douloureux investissement.

Aussi extravagant que cela puisse paraître, dans la bonne ville de Saint-Étienne, il existe l’un de ces phénomènes de la souplesse, un prodige du grand écart, un Valentin le Désossé des temps nouveaux : le premier magistrat de la ville lui-même ! Certes, Monsieur Perdriau n’intervient pas dans ces music-halls bruyants où l’on taquine la « grisette ». Le Maire fait ça chaque jour dans le domaine politique, et dans la majorité qu’il est sensé conduire. Il s’écartèle, un pied chez les centristes les plus progressistes, dont certains sont acoquinés avec la Macronie, et un autre du côté des vieux grognards des Républicains plutôt attachés aux valeurs conservatrices.

Du reste les circonstances sont identiques chez Monsieur Wauquiez à la région Rhône-Alpes-Auvergne. Là aussi se joue un périlleux exercice d’équilibriste. Il est probable que la situation ne pourra pas persister éternellement, et il paraît évident que, malgré les mimiques effarouchées de quelques responsables (et de Laurent Wauquiez lui-même), des programmes communs entre le FN et le reliquat traditionnel de la droite soient, au bout du compte, inéducables lors de prochaines consultations. Des circonstances tout à fait dans l’air du temps qui pourraient bien balayer les septiques d’aujourd’hui, quelques soit le degré de leurs responsabilités !

De l’avis des danseurs spécialisés, si spectaculaire qu’il soit, le grand écart ne doit pas trop durer ; sinon tout est à craindre…