Sarkozy-Fillon : le baiser du diable !

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Du bord de sa piscine au Cap-Nègre, toutes Ray-Ban dehors, Nicolas Sarkozy a appelé les Français à se bouger pour le candidat LR. Fillon semble apprécier un coup de pouce qui pourrait pourtant bien s’apparenter à un coup de Jarnac. Dans ce milieu, chaque toast contient du poison.

François Fillon n’arrive pas à rassembler une partie des électeurs qui s’étaient portés en son temps sur Sarkozy. Certains ont rallié Emmanuel Macron, d’autres Marine le Pen. C’est donc dans l’ultime ligne droite que l’ex-président consent à soutenir encore (dans un dernier élan de sollicitude) son ancien premier ministre. Que peut réellement inspirer ce concours aux observateurs ?

Chacun sait que les deux personnages se haïssent cordialement. La détestation semble d’ailleurs le vade-mecum de la droite. Toute la harde attend, les yeux mi-clos, les conclusions du scrutin. Si Fillon gagne, ils seront du voyage à Canossa, trop heureux des multiples places qui vont s’offrir. S’il perd, son destin sera aussi enviable celui d’un gnou blessé, livré à un troupeau de hyènes.

Sarkozy qui n’a rien digéré, ni sa déroute à la présidentielle, ni son revers à la primaire, non plus que sa mise à l’écart médiatique. Il souhaite, sans doute, mieux que personne, la défaite de son ancien premier ministre. Une victoire lui révélerait trop crûment son propre échec.

Dans ces conditions, qu’apporte la déclaration au candidat de la droite ?

Même si cinq années ont passées depuis son quinquennat, le public garde un goût amer de la présidence Sarkozy. La panne du Karcher, la dette, la gestion des conflits, la Lybie, les affaires innombrables, l’indignité ; comment le bilan qui précipita l’échec de son auteur, pourrait-il secourir son hypothétique successeur ?!

La défaite de Fillon semble de toute façon actée par beaucoup des personnalités de droite. Il suffisait de les observer hier au meeting parisien : service minimum et condescendance. En fait, seuls les militants de la première heure y croient toujours. On verra bien  !