Turquie : l’insupportable intrusion

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Recep Tayyip Erdoğan a déterminé d’organiser un referendum en Turquie qui doit se dérouler le 16 avril prochain. La consultation en question a pour but de donner plus de pouvoir au président qui pourtant semble ne pas en manquer ! Craignant que ce referendum n’aboutisse pas, le chef de l’Etat envoie des émissaires dans toutes les nations qui abritent une importante communauté turque ; parmi elles, bien entendu, se trouve la France ! Plusieurs pays ont refusé cette ingérence. Erdoğan les a injuriés comme s’il commandait déjà le continent européen ! Le Président turc se prend pour Suleimān le Magnifique.

Suleimān le Magnifique représente en effet l’apogée de l’Empire ottoman qui durant plus de 600 ans aura colonisé une bonne partie de l’Europe. C’est de l’histoire ancienne, et espérons que Monsieur Erdoğan ne se croit pas investi d’une telle mission ! On le dirait pourtant, alors qu’il menace les Pays-Bas sous prétexte que ceux-ci n’ont pas voulu accueillir un prosélyte turc, et que les autorités allemandes, qui ont refusé elles aussi, se voient traitées de nazies ! En Autriche, en Suisse, et en Suède, les meetings de propagandes ont été interdits. Pour l’instant, seule la France s’est courbée, et a accepté que la campagne pour le referendum turc se déroule sur son sol. Bravo au Président Hollande pour sa rigueur, et pour sa solidarité avec les autres nations continentales !

Notre pays compte environ 650 000 Turcs, dont 450 000 peuvent voter en Turquie. Chacun se fera donc une idée sur le nombre de doubles nationaux que cela implique !

Par ailleurs, imaginons un seul instant un meeting politique organisé pour une hypothétique communauté française à Ankara ou à Istanbul, une réunion présentée en français, dans une salle toute pavoisée de drapeaux tricolores. Pensez-vous cela possible ? Nous, non.