Vel d’Hiv : commémorer sans dénigrer la France

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Ces derniers jours ont été l’occasion d’apprécier les interventions diplomatiques de Monsieur Macron. On peut dire que le nouveau Président semble très à l’aise dans cet exercice. L’image qu’il y donne de la France s’avère valorisée. Ce fut notamment le cas lors du G20, de la visite de Poutine à Versailles, ou des épisodes du 14 juillet dernier avec les époux Trump. Hélas, les commémorations de la Rafle du Vel d’Hiv sont venues tout gâcher. Emmanuel Macron retombe dans ses travers et rappelle que, tout président qu’il est, il n’a pas une si belle estime de la France.

On se souvient de son malheureux propos en Algérie pendant la campagne (février 2017). Il avait déclaré, à la grande joie des autorités locales, que la colonisation française constituait un crime contre l’humanité ; rien de moins ! Évidemment, les Français, au premier rang desquels les rapatriés se sont élevés contre une telle ineptie.

Bis repetita placent ce 16 juillet, où Monsieur Macron cru bon à nouveau de dégrader la France. L’idée prétendue est que notre pays aurait déterminé la Rafle de juifs les 16 et 17 juillet 1942. La déclaration reprend celles tout aussi mal inspirées, du Président Chirac en 1995, et de ses successeurs.

Il est cocasse d’observer qu’alors que les autorités turques n’ont jamais reconnu un génocide arménien pourtant parfaitement avéré, des responsables français corrompent la vérité pour  culpabiliser leur peuple !

Les informations glanées sur le site de l’historien israélien Alain Michel, spécialiste de la période, sont pourtant claires, il y évoque entre autres la capture des juifs en France pendant les années noires et explique : « 1942, arrestations en zone nord 22300, la quasi-totalité par la police sous contrôle et demande allemande, quelques centaines directement par les kommandanturs. Il n’y a pas de responsabilité directe de Vichy. » (1942 correspond à l’année de la Rafle du Vel d’Hiv).

Rappelons que Paris était en territoire occupé, et que les Allemands dirigeaient le secteur et exigeaient des Français qu’ils se pliassent à leur politique ! Alain Michel précise : « …en zone nord, où du fait des conventions de La Haye de 1907 et de la commission d’armistice, l’administration, dont la police, se doit d’obéir aux Allemands… ».

Enfin concernant la manipulation, il dit : « il arrive un moment où les distorsions s’éloignent tellement de la réalité qu’une partie du public se rend compte qu’on lui raconte des fadaises. La mémoire ne doit pas empêcher la recherche historique la plus objective possible. »

Loin de nous l’idée de nier au régime de Vichy toute caractéristique violente, répressive et même raciste. Il n’en reste pas moins que certains historiens n’ont pas la vision d’Emmanuel Macron ou de Jacques Chirac pour ce qui concerne la culpabilité de la France (même celle de Vichy) dans la terrible Rafle du Vel d’Hiv.

De plus des spécialistes sans doute encore plus nombreux, des constitutionnalistes, ainsi que des résistants indiqueraient que la France légale de 1942 ne se trouvait pas à Paris, mais à Londres. Incarnée par le Général de Gaulle qui tout naturellement dirigera le premier gouvernement provisoire en 1944. Cette même entité qui proclamera « illégitime, nul, et non avenu » le gouvernement de Vichy !

Tout cela semble indiquer que la France est doublement innocente de l’horrible déportation des 16 et 17 juillet 1942. On peut commémorer ce drame ignoble sans pour autant dénigrer son propre pays.